Orchidées d'Europe et d'ailleurs

Ophrys elatior, une orchidée d'été dans le paysage rhénan Gumprecht ex H. F. Paulus 1996 Première partie

  

Ophrys  elatior ,

   une orchidée d'été dans le paysage rhénan  

      Gumprecht  ex  H.F. Paulus  1996

Première partie

 

 

Avant-propos: une fascinante histoire d'Ophrys

Un botaniste allemand du nom de J.  Schildknecht fut certainement le premier à avoir observé Ophrys elatior en signalant vers 1855 des orchidées  qui fleurissent au mois d'août pour la deuxième fois dans l'année sur les prairies rhénanes près de Kappel en Allemagne. Il nomme ces orchidées 'Ophrys sphegodes' qui de son temps s'appelaient 'Ophrys arachnites' lorsqu'il en parle dans son ouvrage "Führer durch die Flora von Freiburg: Verzeichnis der in ihrem Gebiete Wildwachsenden Gefässpflanzen mit Angabe ihrer Standpunkte und Blüthezeit, zum Gebrauche auf botanischen Exkursionen". D'après Erwin Rennwald il s'agissait probablement d'Ophrys elatior! (voir Grenier/Godron - Flore de France - 1856 - tome 3 pages 302 et 303 ainsi que l'ouvrage intitulé "Excursionsflora für die Schweiz" von August Gremli - Druck und Verlag von J. J. Christen, Aarau, 1867 page 317, n° 515: Ophrys. Ragwurz s.55 - 3. Anhängsel aufwärts gebogen. Lippe ungeteilt = Ophrys arachnites Reichenbach = ebenso: Ophrys fuciflora Reichenbach förmig).  Un autre botaniste allemand, Max Schulze, en août 1894 a observé Ophrys fuciflora en floraison tardive dans les prairies sèches en Alsace entre Biesheim et Alt-Breisach. Edouard Kapp (1900-1987), botaniste alsacien, en août-septembre 1962 découvre Ophrys fuciflora (Crantz) Haller en floraison tardive au "communal du moulin de Plobsheim". Finalement il aura fallu attendre les années 1970 et suivantes pour que les orchidées indigènes européennes à floraison tardive, c'est-à-dire s'épanouissant en plein été (fin juin à septembre) retiennent l'attention des Orchidophiles et des botanistes  qui jusque-là les ont pratiquement ignorées. En 1980, le Dr. Reinhart Gumprecht décrit pour la toute première fois cet Ophrys fuciflora tardif qu'il dénommera subsp. elatior qu'il observait depuis 1972 dans une station rhénane en Bade - Württemberg. Michel Frey lors de multiples prospections dans "La Petite Camargue Alsacienne" suivait avec attention depuis juillet 1978 des Ophrys à floraison tardive presque similaires à Ophrys fuciflora ayant des fleurons plus petit que ce dernier et surtout étant plus élancé. Hans Sundermann dans sa troisième édition du guide "Europäische und mediterrane Orchideen - Eine Bestimmungsflora" édité en 1980 intègre une description générale très succincte d'Ophrys fuciflora subsp. elatior dans son ouvrage. Jean Stotz de Genève observait au début des années 1980 plusieurs populations d'Ophrys holosericea à floraison tardive dans des Réserves Naturelles situées dans le canton de Genève. Dans leur "Guide des Orchidées d'Europe dans leur milieu naturel" édité en 1984, Pierre Delforge & Daniel Tyteca signalent dans les notes complémentaires en fin du guide la présence d'Ophrys fuciflora subsp. elatior Gumprecht dans la région de Bâle. Puis Teschner en 1987 décrit Ophrys tetraloniae observé dans la péninsule d'Istrie en mer Adriatique, cette dernière couvrant la région de la ville italienne de Trieste, la partie Ouest de la Slovénie et la partie Nord- Ouest de la Croatie (dans le livre édité en 1991 "Die Orchideen der Schweiz und angrenzender Gebiete" les auteurs présentent Ophrys elatior sous le nom d'Ophrys tetraloniae Teschner). Pierre Jacquet, lors d'une mise à jour en février 1991 de la répartition des orchidées sauvages de France signale la présence d'Ophrys fuciflora subsp. elatior (Gumprecht) Gumprecht dans trois départements français à savoir: Ain (1), Haut-Rhin (68) et Haute-Savoie (74). Bien d'autres taxons tardifs ont été évoqués et plus ou moins décrits depuis, dont: Ophrys serotina Rolli ex H.F.Paulus (Ophrys tardif) découvert en Italie centrale, Ophrys aegirtica Pierre Delforge 1996 (Ophrys du Gers - Sud-Ouest de la  France), Ophrys gresivaudanica O. Gerbaud 2002 (Ophrys du Grésivaudan en Isère, tardif et très rare), Ophrys fuciflora (F.W. Schmidt) Moench subsp. souchei R. Martin & E. Vela découvert dans le Vaucluse, l'Ophrys tardif du Roubion découvert en juin 1996 par André Aubenas à Sauzet près de Montélimar, duquel de nouvelles découvertes ont été faites par Christiane et Gil Scappaticci en juin 2005 et lors de l'année 2007 qui permettront la localisation d'une quinzaine de stations supplémentaires dans le bassin de la rivière Roubion. Cet Ophrys a été décrit sous le nom d'Ophrys fuciflora (F.W. Schmidt) Moench subsp. montiliensis par André Aubenas & Gil Scappaticci en octobre 2012. 

 

Paysages rhénans: aspects particuliers

En observant la plaine d'Alsace du haut des contreforts du massif vosgien, cette dernière semble être parfaitement nivelée. Paraissant horizontale, en réalité la plaine a une pente générale orientée Sud-Nord équivalente à 1°/°°, pente qui est plus importante entre Bâle et Colmar que sur le reste du parcourt aval du Rhin s'écoulant vers la mer du Nord. Sur le terrain, lorsqu'on arpente les vastes surfaces de la plaine aujourd'hui plus ou moins remodelées par l'homme, on se rend compte que souvent les sols comportent de nombreuses rigoles naturelles assèchées et d'importance variable pouvant présenter des dénivelés allant de plusieurs dizaines de cm jusqu'à atteindre des profondeurs de presque deux mètres. Ces rigoles ou fossés qui ont été creusés dans les alluvions déposés par les eaux tumultueuses et divagantes du Rhin et de ses affluents (Ill - Zorn - Moder - Sauer - Lauter...), principalement lors de la période géologique dite du "Quaternaire", occupent l'étendue correspondant au lit  d'inondation du Rhin d'avant les travaux de correction de son cours réalisés d'après les plans de l'Ingénieur badois Tulla (1838 - 1876). En effet, le Rhin était parfaitement à l'aise dans la dépression qui lui servait de lit. Il y déroulait ses méandres au gré de ses caprices. Lors d'une crue il pouvait s'étaler sur plusieurs kilomètres de largeur, recouvrir sous des amas de gravier et de limon des champs splendides, détruire forêts, prairies et récoltes, ensevelir des villages entiers tel celui de La Thumenau près de Plobsheim au Sud de Strasbourg ou encore provoquer des dégats majeurs envers des villages tel celui de Rhinau lors de la crue de l'an 1500, village qui a été reconstruit  à partir de l'année 1519. Les alluvions déposés tout au long du Quaternaire atteignent des épaisseurs assez importantes: environ 50 mètres en région de Bâle, presque 150 mètres au Nord de la ville de Mulhouse, jusqu'à 250 mètres vers Neuf-Brisach, environ 80 mètres à Strasbourg. Ils se composent de galets plus ou moins gros d'origine variée et de sables gris qui sont le plus souvent riches en calcaire. Ces alluvions renferment une nappe aquifère importante qui s'écoule également vers le Nord. Les crues du Rhin étaient un important vecteur permettant la pérennité des apports des semences d'espèces végétales d'origine alpine. Excédés par la survenue régulière de ces calamitées naturelles, les habitants de ses rives décidèrent de mettre fin à ses vagabondages en le privant de ses bras inutiles et en lui imposant des rives dans son lit principal lui donnant l'illusion de posséder des berges. 

Les fossés naturels sont  souvent accompagnés par de larges dépressions qui sillonnent les grands espaces verts restants et qui sont autant d'anciens bras plus ou moins importants du Rhin qui lors du temps passé drainaient les eaux provenant d'une part de la fonte partielle d'immenses glaciers qui burinaient les Alpes et d'autre part de la neige du massif du Gothard et des Alpes suisses des Grisons ainsi que les eaux provenant des précipitations pluviales de nos régions. Toute cette masse d'eau s'écoulait vers l'aval de son cours. Aux temps géologiques le fleuve Rhin s'écoulait au Miocène supérieur (- 6 millions d'années) vers le Sud-Est rejoignant le bassin du Danube, la ligne de partage des eaux Sud-Nord  se situant à la hauteur de Colmar et du Kaiserstuhl. Au Pliocène inférieur, suite à une longue période d'importantes dislocations tectoniques provoquant l'ouverture du fossé rhénan vers le sud-Ouest (-3,5 millions d'années) le cours du Rhin et de ses affluents sont alors déviés en direction de la Saône après avoir franchi la trouée de Belfort. Lors de cette période se mettent en place les terrasses de cailloutis du Sundgau. Au Quaternaire ancien (- 1,5 millions d'années) petit à petit le Rhin va s'engouffrer dans le fossé orienté vers le Nord suite à l'affaissement de ce dernier et au relèvement  par à-coups de ses bords qui sont aujourd'hui les massifs des Vosges et de la Forêt-Noire. Il emprunte enfin la voie d'écoulement actuelle à laquelle il a donné son nom.

C'est l'observation des variations des niveaux du sol de la basse plaine alluviale du Rhin (terrasses fluviatiles) qui interpelle l'orchidophile lequel se rend compte que la grande majorité des Ophrys elatior pousse auprès des dénivelés des anciens fossés rhénans atteignant souvent un à deux mètres de profondeur ainsi que dans les anciens bras et méandres abandonnés par la dynamique du fleuve, aujourd'hui recouverts de prairies de fauche desquelles l'homme récolte plusieurs fenaisons dans l'année. 

 

Holotype

Cet Ophrys a été décrit pour la première fois en 1980 par Reinhart Gumprecht (originaire de Freiburg - Sankt Georgen) qui l'a observé en Allemagne dans le Bade- Württemberg près du village d'ISTEIN situé sur la rive droite du Rhin supérieur. Lors de la description de l'holotypus faite cette année-là dans la revue Die Orchidee n° 31 aux pages 59 à 62, Reinhart Gumprecht parle de l'Isteiner- Wiese sur laquelle il a observé  l'Ophrys. En réalité, Reinhart Gumprecht connaissait et suivait l'évolution de cet Ophrys depuis 1972. Nommé par lui-même en 1980 Ophrys fuciflora (F.W.Schmidt) Moench subsp. elatior Gumprecht subsp. nova, sa description a été invalidée par l'I.C.B.N. ainsi qu'en 1983 et en 1987 puis validée en 1996 suite à la reprise de la description de l'Ophrys par H.F.Paulus.

 

Etymologie

La forme cambrée des divisions du périanthe fait penser à des sourcils et de ce fait on nomme cette orchidée "Ophrys". Ce mot nous vient de la langue grecque, il est masculin.

Le mot latin elatior signifie - plus grand ou plus élevé - par rapport a la taille de la plante "type", c'est-à-dire Ophrys fuciflora.

 

 

 

Basionyme

Ophrys elatior Gumprecht ex H.F.Paulus 1996 [In Berichte aus den Arbeitskreisen Heimische Orchideen, 13 (2): 10 - 1996].

 

Nomenclature (synonymes)

Liste de quelques synonymes concernant Ophrys elatior donnés par les botanistes à cette plante lors de leurs écrits divers: 

 

Année 2012 - Ophrys elatior Gumprecht ex H.F. Paulus 1996 [Dans le livre "Collectif de la Société Française d'Orchidophilie Rhône-Alpes, 2012. - A la rencontre des Orchidées sauvages de Rhône-Alpes. Biotope, Mèze (Collection Parthénope), 336p.] 

 Année 2012 - Ophrys fuciflora subsp. elatior (Paulus) R. Engel & Quentin [Dans le bulletin mensuel de la Société Linnéenne de Lyon tome 81 - fascicule 7 / 8 - de septembre / octobre 2012 page 178.] 

Année 2012Ophrys elatior Gumprecht ex H.F. Paulus [Dans le Guide des orchidées de France, de Suisse et du Benelux - de Pierre Delforge - page 237 - édition avril 2012].

 Année 2010Ophrys elatior Gumprecht ex H. F. Paulus [Dans l'Atlas des Orchidées de France - de François Dusak et Daniel Prat - pages 274 et 275].

Année 2008 - Ophrys holoserica ssp. elatior [In Die Orchideen Deutschlands und angrenzender Länder - finden und bestimmen - Horst Kretzschmar - 2008 - page 197].

Année 2005 - Ophrys holoserica subsp. elatior (Gumpr. ex R. Engel & Quentin) H. Baumann & Künkele [In Arbeitskreis Heimische Orchideen / Baden-Württemberg - Die Orchideen Deutschlands - 2005].

Année 1998Ophrys fuciflora  subsp. elatior (Gumprecht ex H.F. Paulus) Engel & Quentin [Dans Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg - SFO - Marcel Bournérias - 1998].

Année 1997 - Ophrys fuciflora subsp. elatior (Gumprecht ex H.F. Paulus) Engel & Quentin, comb. & stat. nov. [In L'Orchidophile n° 127 - 28ème année - juillet/août 1997 - page 133].

Année 1996 - Ophrys fuciflora subsp. elatior Gumpr. ex Engel & Quentin [Dans l'Orchidophile n°  123 - 27ème année - septembre/octobre 1996 - page168, nom. inval.]. 

Année 1996 - Ophrys elatior Gumpr. ex H.F. Paulus [In Berichte aus den Arbeitskreisen Heimische Orchideen 13 (2): 10. 1996] = basionyme.

Année 1989 - Ophrys holoserica (Burm. fil.)W. Greuter subsp. elatior (Gumprecht) Gumprecht.   

Année 1988 - Ophrys elatior Gumprecht ex H.F. Paulus spec. nova.

Année 1986 - Ophrys holosericea (Burm.) Greuter subsp. elatior (Gumprecht) Gumprecht [In Stotz J. B., von Arx &  Thommen M. - Etude  sur Ophrys holosericea (Burm.) Greuter subsp. elatior (Gumprecht) Gumprecht - Saussurea, 17: 1 - 12]. 

Année 1983 - Ophrys holosericea subsp. elatior (Gumprecht ex Paulus) Gumprecht.

Année 1983 - Ophrys holoserica (Burm. fil.) Greuter subsp. elatior Gumprecht, comb. nov. [In Die Orchidee - Jahrgang 34 - Heft 5 - Seite 179. September 1983, nomen illegitimum (appellation non conforme au Code International de Nomenclature Botanique à savoir l'I.C.B.N.)].

Année 1980 - Ophrys fuciflora (F.W. Schmidt) Moench subsp. elatior Gumprecht subsp. nova [In Die Orchidee - Jahrgang 31 - Heft 2 - Seite 60. 1980, nomen illegitimum (design. typi omissa)]. Reinhart Gumprecht a oublié de mentionner dans sa description la date et le lieu de prélèvement de l'holotype qui a été déposé dans l'herbier du Fullrott-Museum de Wuppertal. 

 

[ Dans la revue allemande "Die Orchidee - Beiträge zur Förderung der Orchideenkunde", Jahrgang 34 - Heft 5 - September 1983 - Seite 179 et suite au changement de nom de l'Ophrys bourdon qui d'Ophrys fuciflora est renommé Ophrys holoserica, Reinhart Gumprecht réactualise sa combinaison nomenclaturale de la sous-espèce décrite par lui-même qui de la toute première dénomination Ophrys fuciflora (F.W. Schmidt) Moench subsp. elatior Gumprecht subsp. nov. in "Die Orchidee", Jahrgang 31 - Heft 2 - 1980 - Seiten 59 -62 devient Ophrys holoserica (Burm. fil.) Greuter subsp. elatior Gumprecht, comb. nov. ].

 

Dénominations diverses

Noms vernaculaires : Ophrys frelon / Orchis élevé / Ophrys élevé en français.

Spätblühende Hummel-Ragwurz / Hochwüchsige Hummel-Ragwurz / Hummel-Ragwurz: Hochwüchsige Unterart (Künkele in Sebald & al. 1998: 416 et Kretzschmar in 'Die Orchideen Deutschlands und angrenzender Länder' 2008) en allemand.

Kleinblütige Hummel-Ragwurz en suisse alémanique.

Ofride dei Fuchi maggiore en italien.


Description macroscopique

Ophrys elatior est une plante comprenant dans sa partie souterraine, lors de la floraison, deux tubercules ou racines tuméfiées plus ou moins concrescentes (dites bulbes souterrains lesquels sont à l'origine du mot Orchis par similitude avec des testicules). Ces tubercules  ont à leur sommet des racines latérales (filaments cylindriques) qui fixent la plante dans le sol et en puisent les substances qui lui sont utiles.

- l'appareil souterrain communique avec les parties aériennes par l'intermédiaire d'une tige souterraine plus ou moins longue appelée le collet.

- les feuilles de la "rosette" basilaire, au nombre de trois à quatre sont longues de 4 à 11 cm et larges de 0,8 à 1,6 cm, de forme lancéolées et de couleur vert-jaune souvent desséchées à la floraison de la plante. La nouvelle rosette apparaît déjà lors de la période de fructification des ovaires de l'orchidée.

- la tige florale de l'orchidée atteint de 16 à 80 cm de haut et peut exceptionnellement avoir 92 cm de hauteur. La hauteur moyenne est de 40 cm environ. Elle est de couleur jaunâtre et comporte entre 3 et 7 feuilles caulinaires.   

- son épi floral est à inflorescence très lâche. Il peut comporter de 3 à 8 et jusqu'à 16 voire 20 fleurs de taille petite à moyenne (de 16 à environ 20 mm dans la plus grande dimension de la fleur - elles sont plus petites que celles d'Ophrys fuciflora). Les fleurs situées sur la tige florale peuvent être espacées de manière importante (plus de 5 cm d'écart).  Leur couleur dominante est le marron. Les bractées égalent la longueur des fleurs.

- la silhouette de la plante donne l'impression que celle-ci est "élancée".

- les trois sépales sont longs de 8 à 13 mm, le sépale dorsal est dressé et souvent plus ou moins rabattu vers l'avant sur le gynostème. Ils sont de couleur rose clair à pourpre violacé très foncé, munis d'une nervure verte centrale.

- les pétales sont souvent de couleur rouge et bordés de la même couleur en plus foncé. Ils sont de forme triangulaire et moyennement auriculés à leur base. Ils sont de couleur plus sombre que chez Ophrys fuciflora.

- le labelle est de petite taille, pendant et étalé, de forme rectangulaire à trapézoïdale aux angles arrondis, le plus souvent entier, très rarement trilobé (dimension maximum du labelle: longueur 6 à 11 mm et largeur 8,5 à14 mm). Il est le plus souvent muni de gibbosités moyennement aiguës qui sont convexes transversalement. Certains labelles de l'Ophrys peuvent ne pas comporter de gibbosités du tout. Le labelle dans sa moitié basale est recouvert d'une forte pilosité marginale de couleur brune avec des reflets beiges. La macule est de couleur bleue à brun rougeâtre, occupant le plus souvent que la moitié basale du labelle. Le pourtour du labelle est rarement plus ou moins largement bordé de couleur jaunâtre (observation personnelle sur des plantes au Taubergiessen en août 2011). Dans son ensemble le labelle d'Ophrys elatior est dit "fucifloroïde".

- l'appendice situé au sommet du labelle est inséré dans une échancrure assez conséquente. Il peut se présenter sous forme de pointe ou dans beaucoup de cas celui-ci est tridenté. Il est de couleur jaune verdâtre, dressé vers l'avant, souvent ascendant, large de 1,5 à 2,5 mm.

- la cavité stigmatique au-dessus de la bride de couleur vert-jaune séparant le champ basal de cette dernière est souvent de couleur vert sale luisante à brun plus ou moins prononcé.

- le champ basal de la fleur est long, a la même couleur (brun-orangé à brun-rouge)  mais légèrement plus claire que celle de la partie centrale du labelle.

- le nombre de chromosomes dans les cellules est de (2n=72).

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Diagnose latine d'Ophrys fuciflora subsp. elatior, Gumprecht ex H. F. Paulus spec. nov.

    Diagnosis:

    Planta (40) 50-80 (92) cm alta. Tubera globosa. Ad basim 5-7 folia. Flores (2) 6-14 (18). Plerumque internodia valde magna. Bractae vegetae. Sepala rubra clara ad atrorubra, plerumque stria mediana viridi, lateralia inclinata, superum non raro obstipum. Patala item rubra, e basi lata oblique erecta, sepalis sigillatim minora. Labellum integrum, indivisum, atrobrunneum, aliquantum pilosum, forma signi simplex, plerumque solum in dimidio superiore labelli, area basalis parva, appendix plerumque recta deorsum, acuta. Appendix connectivi brevirostris. Florescienta finis VII ad medium IX. Pollinator: Tetralonia salicariae (Anthophoridae, Eucerinae).

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Commentaires

Trés proche d'Ophrys fuciflora, Ophrys elatior diffère du type fuciflora par la taille de sa tige très élancée qui peut atteindre 80 cm de hauteur voire plus , son épi floral dont l'inflorescence lâche  comporte de nombreuses fleurs de taille petite à moyenne qui peuvent être au nombre de 18 et surtout par sa floraison tardive qui débute fin juin / début juillet et peut durer jusqu'à fin septembre ou même jusqu'à mi-octobre certaines années (le 07 novembre 1981 Michel Marchand et Michel Frey ont observés sur les pelouses de "La Petite Camargue Alsacienne" une tige d'Ophrys elatior qui était encore verte et qui portait trois gousses dont une n'était pas mûre). C'est une orchidées considérée comme étant très rare dans son aire, sa floraison est sporadique.

 

Biotope

C'est un Ophrys du mesobrometum évoluant sur des terrains frais et secs à sécheresse non extrême situés sur sol calcaire.  En Alsace, on le rencontre sur des pelouses ou des prairies sèches établies sur grave rhénan formant des terrasses ou bancs alluviaux; dans la vallée du Rhône on le rencontre le long de ses affluents et sur des terrasses alluviales environnantes. Ophrys elatior semble être tributaire des vallées alluviales ainsi que de quelques affluents des fleuves Rhin et Rhône. Ces derniers, de part la situation de leurs bassins supérieurs respectifs sont presque voisins. On peut observer cette orchidée sur des pelouses sèches (à Dardagny en Suisse), dans des prairies sèches ou des prés graveleux (au Taubergiessen près de Kappel en Allemagne), dans les broussailles, sur des friches et dans des clairières à haute végétation des forêts rhénanes claires situées dans l'emprise de la bordure proche du fleuve. On le retrouve très souvent dans des stations présentant Ophrys fuciflora type en mai / juin. Il pousse en plein soleil ou sur terrains ombragés situés entre 170 et 380 mètres d'altitude.

 

 Floraison

Ophrys elatior est une plante à floraison très tardive, en moyenne de 2 à 4 semaines après la floraison d'Ophrys fuciflora. La période de floraison la plus connue et observée va de fin juin / début juillet à mi et jusqu'à fin septembre. Gil Scappaticci a observé Ophrys elatior en pleine floraison vers le 20 septembre dans des prairies situées dans le parc de Miribel-Jonage près de Lyon. L'apogée de la floraison se situe entre la mi-juillet et la mi-août. L'Ophrys peut fleurir exceptionnellement jusqu'au 20 octobre. Jean Stotz a observé Ophrys holosericea à floraison tardive dans des prairies situées dans le canton de Genève à partir du 12 juillet, ces dernières s'épanouissant jusqu'à la mi-septembre, et de façon rarissime il a pu suivre  des floraisons fraîches d'Ophrys holosericea à floraison tardive en début du mois d'octobre. La longueur des périodes de floraison semble étroitement liée à la pluviométrie de l'été. Si juillet et août sont des mois à pluviométrie régulière Ophrys elatior peut encore présenter des fleurs fraîches en début d'automne. Un très important pourcentage de plantes arrivant en fin de floraison est abimé par la pâture due aux animaux (lapins, lièvres, cervidés ou autres) et par les conditions climatiques de fin d'été (orage, grêle, chaleur estivale et sècheresse). Les premières capsules contenant les graines sont mûres fin août / début septembre.

 

 

 

   Phénologie

   Plante herbacée vivace, comme d'ailleurs toutes les orchidées de la flore européenne, Ophrys elatior semble être celui à la floraison la plus tardive de tous les Ophrys d'Europe.  Il s'épanouie de fin juin à exceptionnellement fin du mois de septembre et croît dans ses stations lorsque tous les autres Ophrys sont entrés dans une phase de vie ralentie. Ophrys elatior est une plante dite "géophyte", dont toutes les parties aériennes disparaissent avant la période la plus défavorable à sa végétation qu'est l'hiver, ne laissant subsister que les organes souterrains représentés par ses tubercules et ses racines latérales. 

 

 

 

Cycle de vie chez Ophrys elatior:

1 - mi-septembre à mi-décembre (automne):

 Dessiccation de la partie aérienne après la maturation des fruits et la dissémination des graines. Disparition de l'appareil aérien (la plante se trouve au stade dit "géophyte). Formation des nouvelles rosettes vers la mi-décembre. 

2 - mi-décembre à mi-mars (hiver): 

L'orchidée est en phase de vie ralentie.Ne subsiste que les organes souterrains et la rosette composées de 3 à 4 feuilles.

3 - mi-mars à mi-juin (printemps):

Reprise de la croissance des feuilles de la rosette basale et développement du nouveau tubercule. 

4 - mi-juin à mi-septembre (été):

Emergence de la partie aérienne de la plante. Croissance, floraison et simultanément développement du nouveau tubercule. Fructification après pollinisation, cette dernière phase étant assez aléatoire pour cause de raréfaction du ou des pollinisateurs. En septembre, début du dessèchement de la partie aérienne de la plante.

  

 

Répartition

C'est une Orchidacée des régions tempérées européennes.   Ophrys elatior est signalé dans la vallée du Rhin entre Strasbourg qui semble être le Nord de l'aire de répartition, l'Allemagne (dont le Taubergiessen à Kappel  et Istein) et Bâle en Suisse. Il est aussi présent dans le canton de Genève où il a été signalé en 1982 évoluant sur une prairie ouverte à 350 mètres d'altitude, de mi-juillet à mi-août, observé par Jean STOTZ qui précise que les plantes sont grandes de 15 à 38 cm et ne dépassent pas 47 cm de hauteur. Il précise encore que les tiges florales, élancées, supportent des fleurons de taille relativement petite et dont le périanthe est de couleur rose ou blanc.  Ophrys elatior est également présent dans l'Ain et  en Haute-Savoie. Il est signalé dans le bassin du Rhône et sur sa rive gauche jusqu'à Lyon  qui semble être le Sud de son aire de répartition. En résumé, fin 2010, Ophrys elatior est présent en France dans 39 stations différentes connues distribuées dans 5 départements dont: Ain (01), Haute-Savoie (74), Haut-Rhin (68),   Rhône (69) et Territoire de Belfort (90). C'est une plante qui est assez rare et très localisée dans ses stations. Présence de la plante supposée dans le Bas-Rhin (67) où elle reste à être redécouverte.

 

Variation

Ophrys elatior variété flavescens a été observé par Rosbach en 1880. Le labelle était de couleur jaune et les sépales de couleur blanche. La variabilité de l'Ophrys semble être moins grande que celle d'Ophrys fuciflora. La couleur du périanthe varie du blanc au rose prononcé, le dessin de la macule du labelle peut être 'ornemental' ou simplement rappeler la forme d'un H. Dans toutes les stations l'orchidée présente des fleurs à labelles "fucifloroïdes". Les fleurs aux labelles "scolopaxoïdes"  sont très rares. Très rares également sont les "lusus" de l'Ophrys dont l'un d'eux présentait une fleur sans labelle sur une tige fleurie normalement dans l'une des stations du Taubergiessen en Allemagne et ceci en août 2012.

 

Protection

Ophrys elatior est une espèce protégée au niveau régional en Alsace (départements 67 & 68). La liste des orchidées protégées en Alsace a été publiée le 28 juin 1993. Elle est parue au Journal Officiel de la République Française n° 209 du 09 septembre 1993 page 12653. 16 espèces et quatre sous-espèces sont concernées, dont texte: 

____________________________________________________________________________________________

Arrêté du 28 juin 1993 relatif à la liste des espèces végétales protégées en région Alsace complétant la liste nationale 

Le ministre de l'agriculture et de la pêche et le ministre de l'environnement,

Vu le livre II du code rural relatif à la protection de la nature, notamment ses articles L. 211-1 et L. 211-2;

Vu l'arrêté du 20 janvier 1982 modifié relatif à la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire national;

Vu l'avis du Conseil national de la protection de la nature,

Arrêtent:

 

Article 1er. - Afin de prévenir la disparition d'espèces végétales menacées et de permettre la conservation des biotopes correspondants, sont interdits, en tout temps, sur le territoire de la région Alsace, la destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat de tout  ou partie des spécimens sauvages des espèces ci-après énumérées.

Toutefois, les interdictions de destruction, de coupe, de mutilation et d'arrachage ne sont pas applicables aux opérations d'exploitation courante des fonds ruraux sur les parcelles habituellement cultivées.  

Ptéridophytes

...

Phanérogames angiospermes

1. Monocotylédones

...

Corallorhiza trifida Chatel. Coralline.

Dactylorhiza fuchsii (Druce) Soo Orchis de Fuchs.

Dactylorhiza incarnata (L.) Soo Orchis couleur de chair.

Dactylorhiza maculata (L.) Soo subsp. meyeri Tournay Orchis de Meyer.

Dactylorhiza sambucina (L.) Soo Orchis sureau.

Dactylorhiza traunsteineri (Sauter) Soo Orchis de Traunsteiner.

Epipactis leptochila Godf. Epipactis à labelle étroit.

Epipactis microphylla Swartz Epipactis à petites feuilles.

Epipactis muelleri Godf. Epipactis de Mueller.

Epipactis palustris (L.) Crantz Epipactis des marais.

Gymnadenia odoratissima L. C. M. Richard Orchis odorant.

Herminium monorchis (L.) R. Br. Herminie.

Listera cordata (L.) R. Br. Listère à feuilles en coeur.

Ophrys araneola Reichb. Ophrys litigieux.

Ophrys fuciflora (F.W. Schmidt) Moench subsp. elatior Gumprecht Ophrys frelon.

Ophrys sphegodes Miller subsp. sphegodes Ophrys araignée.

Orchis laxiflora Lam. subsp. palustris (Jacquin) Bonnier et Layens Orchis des marais.

Orchis pallens (L.) Orchis pâle.

Spiranthes spiralis Chevall. Spiranthe d'automne.

Traunsteinera globosa (L.) Reichb. Orchis globuleux.

...

2. Dicotylédones

...

Art. 2. - Le directeur de la nature et des paysages et le directeur général de l'alimentation sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 28 juin 1993.

Le ministre de l'environnement,

Pour le ministre et par délégation:

Par empêchement du directeur de la nature et des paysages:

L'ingénieur du génie rural, des eaux et des forêts,

J. -J. LAFITTE

Le ministre de l'agriculture et de la pêche,

Pour le ministre et par délégation:Le directeur général de l'alimentation,

J.-F. GUTHMANN

____________________________________________________________________________________________

Se rajoutent à cette liste les 6 espèces d'orchidées protégées au niveau national (Anacamptis coriophora, Cypripedium calceolus, Epipogium aphyllum, Hammarbya paludosa, Liparis loeselii, Spiranthes aestivalis)  ce qui fait au total 26 espèces d'orchidées qui bénéficient d'une protection spéciale dans notre province. La protection spéciale des espèces végétales découlant de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature avec la publication d'un arrêté ministériel du 20 janvier 1982, modifié par les arrêtés du 05 septembre 1982 et du 31 août 1995 est équivalente pour les plantes protégées au niveau national et celles protégées au niveau régional. La règlementation spécifie que: "Afin de prévenir la disparition d'espèces végétales menacées et de permettre la conservation des biotopes correspondants, sont interdits en tout temps et sur tout le territoire métropolitain, la destruction, la coupe, la mutilation,l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat de tout ou partie des spécimens sauvages cités dans l'annexe 1 du présent arrêté. Toutefois, les interdictions de destruction, de coupe, de mutilation et d'arrachage ne sont pas applicables aux opérations d'exploitation courante des fonds ruraux sur les parcelles habituellement cultivées." 

Ophrys elatior est également protégé en Région Franche-Comté par l'Arrêté du 22 juin 1992 relatif à la "Liste des espèces végétales protégées en région Franche-Comté complétant la liste nationale" paru au J.O. du 04 août 1992. Sont concernés les Départements suivants: 25: Doubs / 39: Jura / 70: Haute-Saône / 90: Territoire de Belfort. D'autres mesures légales de protection ont été mises en place dans le cadre de la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature en France, dont "La réserve naturelle" qui est soumise aux mesures de protection les plus contraignantes de la règlementation face à la nature, la qualité et la fragilité du milieu naturel à protéger (ex: La Petite Camargue Alsacienne). Ophrys elatior figure sur la liste rouge des espèces menacées en France dans la catégorie NT parmi les orchidées quasi menacées à savoir les plantes proches du seuil des espèces menacées ou qui pourraient être menacées si des mesures de conservation spécifiques n'étaient pas prises.

 

 

 

 

 

 

Sexualité 

La plante est dite "hermaphrodite" car elle présente les éléments des deux sexes dans la même fleur (l'élément mâle appelé étamine et l'élément femelle, le stigmate).  Elle est "entomogame" car la pollinisation se fait par l'intermédiaire des insectes. Les fruits résultants de la fécondation sont appelés des "capsules". Ces dernières s'ouvrent à maturité de manière longitudinale formant des fentes par lesquelles s'échappent les graines. C'est un végétal "anémochore" dont la graine est transportée ou disséminée par le vent. 

 

Pollinisation

La plante est pollinisée par des insectes de l'ordre des Hyménoptères, de la famille des Anthophoridae, de la sous-famille des Eucerinae, à savoir par l'espèce Eucera salicariae. Ophrys elatior fleurit très fréquemment auprès des aires de vol de son pollinisateur dont les femelles butinent de préférence sur Lythrum salicaria (Blut-Weiderich / Lythrum salicaire). Le mâle d'Eucera salicariae aime butiner sur Echium vulgare (Gemeiner Natterkopf / Vipérine  vulgaire) et sur Medicago sativa (Saat-Luzerne / Luzerne cultivée). Il est à remarquer que chez Ophrys elatior les ovaires sont rarements fécondés. J'ai pu observer personnellement le 08 août 2011 dans une population de plus de 77 Ophrys elatior d'une prairie de fauche dans la réserve naturelle du Taubergiessen trois spécimens dont certains ovaires étaient fécondés et dont ces derniers étaient en train de fructifier, ce qui représente environ 3,8% du nombre de plantes aperçues sur le site.

 

Hybrides

 Un hybride Ophrys elatior x Ophrys fuciflora aurait été observé selon les propos de Souche Rémy dans son superbe livre intitulé "Les Orchidées sauvages de France - Grandeur nature". Cet hybride est également évoqué dans le livre "Die Orchideen der Schweiz und angrenzender Gebiete". Gil Scappaticci lors de ses nombreuses prospections dans les alentours du parc de Miribel-Jonage près de Lyon constate la présence à plusieurs reprises de spécimens intermédiaires avec Ophrys fuciflora qu'on peut effectivement considérer comme étant des hybrides d'Ophrys elatior x Ophrys fuciflora.

Dans le bulletin de l'A.H.O. - Berichte aus den Arbeitskreisen Heimische Orchideen - de décembre 1989, Wienhöfer Mathias, orchidophile allemand de Dortmund, raconte sa rencontre avec un Ophrys elatior pas comme les autres.  En ce 14 juillet 1988, lors d'une prospection dans le Sud du Bade-Württemberg (région du Rhin Supérieur), dans une pelouse sèche établie sur grave rhénan, Wienhöfer Mathias trouve plus de 50 exemplaires d'Ophrys elatior, dont certains sont déjà en fin de floraison et marqués par les aléas climatiques d'un printemps chaud et sec, mais dont heureusement la plupart des autres plantes sont en pleine floraison. Sur certaines des orchidées présentes les tiges florales sont encore en boutons ce qui confirme une longue période de floraison pour Ophrys elatior. Les orchidées sont accompagnées de Cornus sanguinea (Bois puant, Sanguine, Rotbeinholz, Hartriegel) et de Prunus spinosa (Prunellier, Schlehe, Schwarzdorn) disséminés dans la pelouse herbeuse. D'autres orchidées dont Anacamptis pyramidalis, Orchis militaris, Gymnadenia conopsea, toutes défleuries depuis un certain temps, se trouvent en mélange parmi les Ophrys elatior. Parmi ces derniers il découvre un Ophrys hybride nouveau non décrit ce jour, à savoir: Ophrys apifera Huds. x Ophrys holoserica (Burm. fil.) W. Greuter ssp.elatior (Gumprecht) Gumprecht. Etant donné qu'il n'était possible d'observer qu'un seul hybride présent sur la pelouse, il n'a pas été question de le prélever pour l'ajouter dans un herbier afin de pouvoir le décrire valablement.

Description faite par Wienhöfer Mathias de l'Ophrys hybride Ophrys apifera x Ophrys holoserica ssp. elatior: la plante atteint la hauteur de 35 cm. Six fleurons d'une taille de 20 mm occupent la tige florale. Les bractées sont plus courtes que les ovaires. Les sépales ont 9 mm de longueur et 5 mm de largeur. Ils sont teintés de couleur rose et munis de nervures vertes. Le sépale dorsal est incurvé vers l'avant. Les pétales ont une longueur de 3,5 mm, une largeur de 2 mm et sont pointus, triangulaires, de couleur rose avec des traces de couleur vert-jaune. Le labelle mesure 10 mm de long et 7 mm de large. Il est de forme plus ou moins ovale et comporte un appendice tridenté qui est dirigé verticalement vers le bas. Les gibbosités font 2 mm de longueur et sont densément recouvertes de longs poils. La macule du labelle est étroite et entoure le champ basal. Deux taches claires sont situées vers le sommet du labelle. Sa période de floraison occupe la première quinzaine du mois de juillet en cette année 1988.

Description comparative par rapport aux parents, Ophrys apifera et Ophrys holoserica ssp. elatior: dans la station, la plante est plus petite avec ses 35 cm de hauteur que l'Ophrys holoserica ssp. elatior. Toutefois il faut tenir compte des conditions climatiques de cette année 1988 qui semblent avoir fortement influencées le développement végétatif des orchidées présentes. L'hybride comporte beaucoup de fleurons (Ophrys holoserica ssp. elatior) sur sa tige florale dont les entre-noeuds sont moins importants que chez Ophrys holoserica ssp. elatior. Les pétales sont de couleur rose foncé à rose clair comportant des traces de couleur verte (Ophrys apifera). Ils sont trois fois moins longs que les sépales et de forme triangulaire (Ophrys holoserica ssp. elatior), pointus, ciliés et recouverts de nombreux poils (Ophrys apifera). Les sépales sont longs, de forme plus ou moins ovale à étirée, le sépale dorsal est incurvé vers l'avant (Ophrys holoserica ssp. elatior). Le labelle est de forme ovale (Ophrys apifera) comportant un appendice tridenté dirigé verticalement vers le bas.  Les gibbosités sont allongées et densément recouvertes de poils (Ophrys apifera). Le champ basal est plus étroit et long que chez Ophrys holoserica ssp. elatior, sa forme se rapproche plus de celui d'Ophrys apifera. La macule du labelle est simple. Vers le sommet du labelle sont situées deux taches de couleur jaunâtre plus ou moins claire (Ophrys apifera). La période de floraison se rapproche plus de celle d'Ophrys holoserica ssp. elatior. L'hybride été au 14.07.1988 en fin de floraison alors que la plupart des Ophrys holoserica ssp. elatior du site étaient en pleine floraison. Les Ophrys apifera de la station étaient défleuris depuis au-moins trois semaines.

 

Systématique

Selon Pierre Delforge (2007) au sein de la section des Euophrys, Ophrys elatior fait partie du complexe d'Ophrys fuciflora qui englobe le groupe d'Ophrys tetraloniae dont il fait partie  avec Ophrys conradiae, Ophrys santonica, Ophrys philippi, Ophrys vetula, Ophrys gresivaudanica, Ophrys aegirtica, Ophrys druentica, Ophrys linearis et Ophrys brachyotes. Particularités des orchidées du groupe: les pétales sont courts et velus et ils peuvent être plus ou moins auriculés - leur appendice est important et souvent tridenté ayant une texture propre et étant inséré dans une échancrure du labelle.

Selon Michel Demange (2011) le complexe d'Ophrys fuciflora comprend différentes espèces qui, d'après certains de leurs caractères floraux, peut permettre un classement distinct des taxons présent en Europe en sept groupes à savoir: groupes d'Ophrys fuciflora / d'Ophrys linearis / d'Ophrys lorenae / d'Ophrys serotina / d'Ophrys elatior / d'Ophrys gracilis et d'Ophrys druentica. Le groupe d'Ophrys elatior comprend: "l'Ophrys du Roubion", Ophrys elatior et Ophrys gresivaudanica.

 

 

 

                                                                  .... fin de la première partie (22.01.2013)

 

 

 

 

 

 

 



19/03/2011
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